dimanche 17 janvier 2010

Interview de Philippe Richelle

Philippe Richelle répond aux questions de Philippe Tomblaine.

PT: La fin de la série est-elle déjà tracée ?

PR: Depuis le début, nous savons où nous allons. La destinée de nos personnages est connue. Comme je l’ai dit plus haut, ce qui a changé par rapport au projet initial, c’est la trame des « chapitres « intermédiaires, qui s’est considérablement étoffée…

samedi 16 janvier 2010

Interview de Philippe Richelle (suite...)

Philippe Richelle répond aux questions de Philippe Tomblaine.

PT: Le travail de documentation entrepris pour créer cet album vous a-t-il aidé à comprendre l’époque, et cherchiez-vous à vous rapprocher d’un traitement cinématographique, entre drames et émotion, sur le modèle des films de Capra ou d’œuvres plus récentes telles que La Liste de Schindler, Le Pianiste, ou la Vie est Belle.

PR: Oui, bien sûr, le travail de documentation aide à appréhender l’époque dans toute sa complexité.
Quand je parle de documentation, je fais allusion aux travaux des historiens, aux témoignages d’époque, aux biographies. Ce sont ces sources qui nourrissent le scénario, ainsi que mon expérience personnelle, mon ressenti par rapport aux relations humaines…
Les œuvres de fiction, qu’il s’agisse de livres ou de films, nous influencent peu. Nous trouvons que, globalement, elles continuent de véhiculer des stéréotypes, des idées reçues, qui ne rendent qu’imparfaitement compte de la réalité de l’ époque.


Pour répondre à la seconde partie de la question, j’aime beaucoup le cinéma de Capra, qui mériterait à mon sens d’être remis à l’honneur. Quant aux films que vous citez, ils sont postérieurs au Dernier Printemps (à l’exception de la Vie est Belle, peut-être).
Comme je l’ai dit plus haut, nous nous inspirons peu du cinéma sur le plan du contenu. C’est vrai également sur le plan formel. La bande dessinée est un art hybride, qui emprunte au cinéma, certes, mais tout autant à la littérature, à l’illustration et même, dans certains cas, au dessin animé. Elle a son langage propre. Nous en offrons une belle illustration, à mon sens, dans cet album, avec l’utilisation des textes off : ils se superposent aux dessins (et donc aux dialogues) et racontent autre chose que ce qui est contenu dans les cases. Nous mettons en place, en quelque sorte, un double niveau de lecture. Ce procédé n’est possible qu’en bande dessinée.
Lors de la sortie de l’album, en 2002, il s’agissait d’une nouveauté. Depuis, d’autres auteurs ont marché dans nos pas.

vendredi 15 janvier 2010

Interview de Philippe Richelle (suite...)

Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot répondent aux questions de Philippe Tomblaine.

PT: Un mot sur l’influence du style graphique Ligne Claire et l’art d’Hergé ?

JMB : Le style graphique d’Amours Fragiles est éloigné de celui d’Hergé, en ce qu’il est sensiblement plus réaliste. S’il faut citer des influences, elles sont plutôt à chercher du côté d’un Moebius, par exemple…
Cela dit, Hergé et la Ligne Claire nous influencent dans leur souci de clarté du dessin et de la mise en scène.
Nous évitons les effets faciles (plongées et contre plongées, par exemple), issus d’un certain cinéma, que l’on retrouve dans de nombreuses bandes dessinées réalistes actuelles. Ces effets, sans aucun doute spectaculaires, compliquent à notre avis la lisibilité. Or, nous recherchons une fluidité de lecture aussi grande que possible…

jeudi 14 janvier 2010

Interview de Philippe Richelle (suite...)

Philippe Richelle répond aux questions de Philippe Tomblaine.

PT: Martin Mahner est un personnage qui subit l’inéluctable : est-il simple de faire vivre un tel personnage en bande dessinée ?


PR: Tous les Allemands n’étaient pas derrière Hitler. Malgré l’efficacité de la propagande initiée par Goebbels, qui préfigurait les techniques actuelles de communication, tous ne se sont pas convertis au nazisme. Ils ne sont pas pour autant devenus des résistants purs et durs : le prix à payer était trop élevé, compte tenu du caractère redoutablement répressif du régime nazi. Ils ont donc « joué le jeu », à contrecœur. Martin émarge à cette catégorie.

Bien évidemment, il est plus compliqué de faire vivre un personnage qui subit les événements qu’un personnage qui les provoque, qui se comporte en héros.
Cela dit, et sans trop révéler de la suite de la série, les circonstances peuvent conduire à des situations où l’attentisme n’est plus possible…

Martin est un personnage complexe, parce qu’en proie à un profond conflit intérieur. La question qui se pose est la suivante : jusqu’où peut-on accepter de renier ses convictions, ses règles éthiques ? Ce thème de la « lâcheté ordinaire » renvoie à l’existence de chacun d’entre nous. Comment réagissons-nous face à de grands problèmes de société comme l’immigration, par exemple ? Pour la plupart d’entre nous, par l’indifférence. Or, derrière les statistiques, il y a des drames individuels…


Et comment réagissons-nous lorsque nous sommes confrontés directement à des cas de conscience ? Par exemple, je suis cadre supérieur dans une multinationale prospère. Les actionnaires sont mécontents de leurs dividendes et en exigent davantage. Mon patron me charge de licencier plusieurs de mes collègues. La décision me choque. Pourtant, il y a gros à parier que je l’exécuterai, par confort, parce que j’ai une famille à nourrir… Vivre en accord avec ses idéaux, ses convictions, n’est pas évident, surtout lorsque la conjoncture économique est mauvaise. Dans les années 60, les gens s’impliquaient dans de grandes causes, ils voulaient vivre en harmonie avec des idéaux généreux….

Un sociologue américain Hirschman établit un lien direct entre prospérité économique et engagement des citoyens dans la vie sociale. Actuellement comme à la fin des années 30 la conjoncture est mauvaise, l’avenir incertain. La tentation du repli sur soi est forte…Nous sommes amenés à malmener nos idéaux. Et nous sauvons la face en signant des pétitions sur Internet…

mercredi 13 janvier 2010

Interview de Philippe Richelle (suite...)

Philippe Richelle répond aux questions de Philippe Tomblaine.

PT: La force du Dernier Printemps est notamment de dévoiler par le dialogue et avec une économie de moyens la dramatique ascension du nazisme: vouliez-vous réaffirmer ainsi par le texte la force d’un engagement littéraire, comme celui du héros, face à la brutalité politique?


PR:  Martin, le héros, est effectivement féru de culture et de littérature.
Les livres, et l’art en général, nourrissent l’esprit, développent le sens critique, permettent de comprendre le passé et de mieux appréhender le présent.
Quand Martin prête à Katarina des romans de Stefan Zweig, le geste n’est pas anodin: il révèle le gouffre qui sépare les héros des nouveaux maîtres de l’Allemagne…Les premiers, façonnés par la littérature, sont larges d’esprit, tolérants, ouverts au débat d’idées…Les seconds, à l’inverse, imposent une vision du monde monolithique, une pensée unique. Ils mettent à l’index les œuvres des artistes (écrivains, peintres, dramaturges…) qu’ils jugent subversifs parce que leur propos, leurs idées, ne s’inscrivent pas dans la ligne qu’ils entendent imposer…

mardi 12 janvier 2010

Interview de Philippe Richelle (suite...)

Philippe Richelle répond aux questions de Philippe Tomblaine.

PT: Le premier volume fut longtemps pensé comme un one shot: qu’est-ce qui vous a poussé à écrire la suite ?

PR: D’abord, une petite rectification s’impose: à l’origine, le projet devait comporter trois volumes, et non un seul.
Mais le sujet est tellement vaste que nous nous sommes dit que nous passerions à côté de l’essentiel en nous en tenant au projet initial…
La série s’étalera finalement sur une huitaine de tomes.
Cela nous permet d’élargir le propos, d’aborder notre sujet sous ses principaux aspects: la montée du nazisme, l’émigration allemande vers la France dans les années 30, la guerre elle-même avec la montée de l’antisémitisme, la collaboration, la résistance en France mais aussi en Allemagne (résistance des citoyens et dans l’armée), l’épuration…
Nous brossons le portrait d’une époque clé de l’histoire contemporaine, à travers la trajectoire de personnages ordinaires que les circonstances peuvent amener à adopter des conduites exceptionnelles, et en nous efforçant de porter sur les événements un regard aussi nuancé que possible.

lundi 11 janvier 2010

Interview de Philippe Richelle

Philippe Richelle répond aux questions de Philippe Tomblaine  du site : C'est en couverture!

PT: Comment est né le projet de la série et pourquoi le choix de ce titre ?

PR: Nous avions réalisé précédemment un album sur le même thème. Il était censé inaugurer une série (Rebelles) mais, pour diverses raisons, cet album n’a pas eu de suite.
Nous y mettions déjà en scène un soldat allemand vivant une histoire d’amour avec une Française, sur fond de marché noir et de résistance.
Rebelles préfigurait donc Amours Fragiles ; il en constituait en quelque sorte le brouillon.

Dans Amours Fragiles, notre approche s’est faite plus personnelle, plus pointue, plus littéraire. Je dois préciser que, dans l’intervalle, nous avions changé d’éditeur, aboutissant chez Casterman qui promotionnait à l’époque ce que l’on appelle le Roman BD…

Quant au choix du titre, c’est toujours un exercice difficile. Tantôt il s’impose de lui-même, tantôt l’accouchement est plus compliqué. C’est ce qui s’est produit dans le cas d’espèce. L’album était bouclé, et programmé pour une prépublication dans la revue A SUIVRE, Laurence Madani, assistante de Jean-Paul Mougin (rédacteur en chef d’A SUIVRE m’a appelé parce qu’il lui fallait un titre en urgence.
J’en ai couché quelques-uns sur papier, les lui ai faxés (le courrier électronique en était encore à ses balbutiements, c’était en 1997) et le choix s’est unanimement porté sur Amours Fragiles.
La juxtaposition des deux mots rend bien compte de la complexité de la relation qui se tisse entre les deux personnages principaux, Martin et Katarina, dans le contexte si particulier des années 30 et de la deuxième guerre mondiale. 

A suivre...

vendredi 1 janvier 2010

Carte de voeux 2010



dimanche 27 décembre 2009

Festival de Saint-Malo 2009


Adresse du blog de Pierrick Moriceau:
DEDICACEDEBD

jeudi 10 décembre 2009

Une case extraite du tome 5


Les couleurs sont provisoires.

mercredi 9 décembre 2009

Un ex-libris pour la librairie "Fantasmagories"


Fantasmagories

Coup de cœur


jeudi 3 décembre 2009

Petits portraits entre amis

jeudi 26 novembre 2009

C'est en couverture !


Le Blog de Philippe Tomblaine
Nouvelle réflexion sur les enjeux et les pouvoirs de l'Image, ce blog a pour but d'offrir des séquences pédagogiques construites autour de la Bande Dessinée et de l'Education aux Médias.

Il s'agira ici d'analyser des couvertures emblématiques du 9ème Art et de percevoir leurs influences artistiques.

Pour une couverture : une analyse, un décryptage des codes visuels, une fiche d'activité.

Lien vers un article de Philippe Tomblaine sur le T1: ici

vendredi 20 novembre 2009

Beuriot dédicace à Angers

Angers-BD
11 ème Festival
Les 5 et 6 décembre 2009


Le site: Angers BD

mercredi 11 novembre 2009

Beuriot dédicace à Saint-Ghislain




Le festival de BD de Saint-Ghislain
aura lieu les 21 & 22 novembre 2009

de 10 à 18 heures
Place Albert Elisabeth
(en face de la gare)
7330 Saint-Ghislain - Belgique
Le site: http://www.bedelique.be/

vendredi 30 octobre 2009

Beuriot dédicace chez BEDEBOX

Le samedi 7 novembre 2009
de 14h à 18h.

BEDEBOX
Rue de la Station, 18
1410 Waterloo
02 353 00 24 - 0495 78 34 58
frederic_minon@hotmail.cm

samedi 17 octobre 2009

Sortie du second tome en Allemagne.


NEU!
Unter dem Hakenkreuz 2 – Ein Sommer in Paris

Lien vers l'éditeur:ICI

mardi 13 octobre 2009

Beuriot sera présent à Saint-Malo

Quai des Bulles Festival 2009

vendredi 9 octobre 2009

Le coup de coeur du libraire

France Culture: dans l'émission à plus d'un titre.



Jean
de la librairie Opéra BD à Paris (4e) a choisi Amours fragiles. tome 4, Katarina de Jean-Michel Beuriot et Philippe Richelle (Casterman).

Écouter l'émission: ICI
L'émission n'est plus en ligne.